Stéphanie Grosjean, journaliste indépendante depuis plus de 15 ans, est venue à la rencontre des étudiants de deuxième année en communication à la HELHa de Tournai. Elle y a partagé les grandes étapes de son parcours et sa vision du journalisme constructif.
Stéphanie débute sa carrière dans l’édition, en tant qu’éditrice. Elle rejoint ensuite la rédaction du magazine Elle Belgique, où elle découvre le métier de journaliste et acquiert de nombreuses compétences. En 2011, elle se lance comme indépendante et collabore avec plusieurs magazines lifestyle.
En 2018, un déclic se produit chez la journaliste :elle remet sa profession en question. L’écosystème de la presse, fragilisé depuis la crise de 2008, l’amène à réfléchir aux enjeux du journalisme. Elle ressent une perte de sens dans l’écriture et une fatigue liée au rythme de production, qui lui donne presque le dégout d’écrire. La course au clic, la recherche de vues et l’exploitation de l’émotion pour vendre l’information ne correspondaient plus aux valeurs qu’elle voulait défendre.
C’est alors qu’elle se tourne vers la voix comme nouveau moyen de transmission et découvre l’univers du podcast, encore émergent à l’époque.
En 2020, elle lance L’instant papillon, un podcast consacré au rapport au changement, exploré sous un angle écologique et sociétal. « L’instant papillon a été une transformation », explique-t-elle. Sa manière de s’adresser aux auditeurs évolue et elle apprend à devenir journaliste incarné.
Le journalisme incarné consiste à respecter les règles déontologiques tout en assumant sa présence dans le sujet. « C’est une pratique de plus en plus répandue : on ressent un besoin de proximité dans la transmission de l’information », souligne-t-elle. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer une problématique, mais aussi de proposer aux auditeurs des pistes pour agir.
Après un long cheminement, Stéphanie fonde en 2022 l’ASBL Ouvrir la Voix. « Ouvrir la Voix est un média associatif qui place la voix au centre : une voix qui informe, transforme et émancipe », explique-t-elle. Ce projet s’inscrit également dans ses prises de conscience écologiques. Elle collabore notamment avec la RTBF pour développer et diffuser son projet de la manière la plus humaine possible.
À travers son parcours, Stéphanie Grosjean révèle une nouvelle facette du journalisme : celui qui cherche à éveiller les esprits.